Le livre de Philippe de Villiers et la Révolution française

17 NOVEMBRE 2015 par LAMBERT CHRISTIAN dans CULTURE avec 31 COMMENTAIRES

Dans son dernier ouvrage, « Le moment est venu de dire ce que j’ai vu », le Vendéen Philippe de Villiers rappelle ce qu’a été, en 1793, le massacre des Vendéens sur ordre de la Convention. Cela m’a remis en mémoire une anecdote que je rapporte ci-après.

À l’occasion du bicentenaire de 1789, le gouvernement de Mitterrand donna ordre à tous ses ambassadeurs en fonction de célébrer l’événement par diverses manifestations, no­tamment par des conférences. Il a donc fallu que je m’exécute, mais voici qu’après avoir débité, en service commandé, un certain nombre de banalités, j’ai vu un auditeur se lever et m’interpeller. C’était un Anglo-Saxon.

« Monsieur, m’a-t-il dit, vous nous avez raconté des histoires. Permettez-moi de vous rappeler l’Histoire que je crois assez bien connaître en ma qualité d’historien de votre pays. Votre Révolution, que l’on vous a demandé de célébrer, a été, en réalité, un génocide motivé par une stupidité haineuse et destructrice.

« Il n’y a plus de Vendée, elle est morte sous notre sabre libre avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l’enterrer dans les marais de Savenay. J’ai écrasé les enfants sous les pieds de mes chevaux, massacré les femmes qui n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé. Les routes sont semées de cadavres. Il y en a tant que, sur plusieurs points, ils font des pyramides. » Ainsi le général Westermann rend-il compte de ses hauts faits, exécutés sur instruction de la Convention qui, par décret du 2 août 1793, ordonna la destruction systématique et l’incendie de tout le pays vendéen, récoltes comprises, en même temps que la mise à mort de toute la population.

Le général Turreau écrit, quant à lui : « Tous les brigands qui seront trouvés les armes à la main seront passés au fil de la baïonnette. On agira de même avec les filles, femmes et enfants. Les personnes seulement suspectes ne seront pas épargnées. Tous les villages, métairies, bois, genêts, et généralement ce qui peut être brûlé, sera livré aux flammes. Je le répète : je regarde comme indispensable de brûler villes, villages, et métairies avec leurs habitants. »

Ainsi, ajoutait ce professeur, avez-vous montré l’exemple à la division SS Das Reich qui, en 1944, fit à Oradour ce que vous savez, avec cette différence que les Allemands agissaient dans un pays vaincu et occupé, alors que les crimes ordonnés par la Convention étaient commis sur ses propres citoyens parce que catholiques et royalistes.

Ce n’est pas tout. Mon interlocuteur poursuivit :
« Le citoyen Garnier, chargé de mission par la Convention, écrit au Comité de salut public : « On m’assure que l’armée de Brest a tué 3 000 femmes avec leurs enfants que l’on a jetés dans la rivière de Pont-aux-Baux et tout le pays est jonché de leurs morts. » Les Conventionnels appelaient cela les « baignades » et les « déportations verticales », les hommes et les femmes périssaient de la sorte, ligotés ensemble, ce qui faisait des « mariages républicains ».

Plus à l’est, au Mans, en décembre 1793, le général Westermann, encore, lui, écrit : « On fusille par feu de peloton, on écrase les enfants, on viole les femmes, on embroche avec des fourches des femmes encore vivantes… »

Pire encore, Monsieur, votre Révolution a commis le plus grave des crimes : la torture et la mise à mort d’un enfant de 10 ans, le Dauphin, parce qu’il était fils de roi. Pendant des mois, cet enfant a été laissé sans soin. Il est mort de misère et de détresse, rongé par la vermine, le corps couvert de plaies. Son agonie a duré des mois. Monsieur l’Ambassadeur, un pays qui commet un tel crime est méprisable à jamais. Sans doute est-ce depuis ce moment-là que la France se proclame la patrie des droits de l’homme !

J’ajoute que ces crimes se sont accompagnés de destructions systématiques. Dans le Dauphiné, les Républicains incendient 9 châteaux et en pillent 80. Dans le Mâconnais et le Beaujolais, ils en détruisent plus de 70. À Paris, ils détruisent la flèche qui domine Notre-Dame, comme celle de la Sainte-Chapelle, parce qu’elles paraissaient, aux yeux des républicains, attentatoires à l’égalité. La Ré­volution a détruit, en outre, la cathédrale de Cambrai, celle d’Arras, l’abbaye de Jumièges, et ce chef-d’œuvre du XIe siècle qu’était l’abbaye de Cluny. De plus, cupides et corrompus, les révolutionnaires vendaient à vil prix à l’Angleterre le produit de leur pillage.

Tout ce qui vient d’être rappelé, vous pouvez le vérifier aux Archives nationales.

Faut-il s’en enorgueillir ? »

Ce professeur n’avait pas tort. C’est un fait que la mentalité française impose, chaque fois qu’elle le peut, l’égalitarisme. ça n’a guère changé aujourd’hui. Malheur à celui qui se distingue par le bien. Honneur au ni­vellement par le bas et à la médiocrité !

Philippe de Villiers rappelle encore dans son ouvrage que les Soviétiques ne manquaient jamais de proclamer que la révolution bolchevique de 1917 était la fille de la « grande Révolution de 1789 ». « C’est des Vendée et des Vendée qu’il faut exécuter, disait Lénine. » Et, de fait, chaque fois que j’ai eu une conversation avec un ambassadeur de l’URSS, j’ai entendu ce refrain-là : « Vous êtes, vous Français, les ancêtres de notre Révolution. »

Le même disque m’a été servi en Chine où je me trouvais pendant la révolution culturelle, avec un supplément relatif aux tueries de la Commune de Paris. Je crois même que les Chinois avaient édité un timbre-poste pour célébrer l’événement.

Au Cambodge, qui ne me fut pas épargné, on sait ce qu’il en a été : les Khmers rouges ont massacré le tiers de la population pour la régénérer. Leur chef, Pol Pot, avait été un fidèle élève du PCF, dont il était un membre bien noté lors de son séjour en France comme étudiant.

Sans doute, certains diront : « Toute vérité n’est pas bonne à rappeler. » Le général de Gaulle proclamait que la France n’avait pas besoin de vérité, mais d’espoir. Quel espoir avons-nous ?

L’espoir toujours déçu que distribuent depuis si longtemps les partis politiques, leurs utopies, leurs mensonges et leur incurie – insécurité comprise, comme viennent de le prouver à Paris, dans la nuit de vendredi à samedi, l’immigration et l’islam…